jeudi 6 juillet 2006, par Jessica Pennet
Il est toujours étonnant de voir les bonnes résolutions s’étioler au cours du temps. L’an passé, en plein choc du non au référendum, les partisans du oui, la main sur le coeur, faisaient leur mea culpa : "Nous avons payé le manque de communication sur l’Europe depuis des années : nous n’en avons presque pas parlé depuis Maastricht, sauf pour lui attribuer la responsabilité de nos problèmes internes".
Un an plus tard, l’Assemblée Nationale française a approuvé en catimini, ce mardi 27 juin 2006, la ratification du traité d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à lUnion européenne avec le soutien des groupes UMP, PS et UDF. On aurait infiniment plus parlé de ces deux pays si, ce même 27 juin, leur élimination de la coupe du monde s’était jouée sur une pelouse allemande, plutôt que leur destin politique et économique dans une assemblée !
Si l’on comprend aisément que les formations politiques ne remuent pas le couteau dans la plaie sur un thème sensible en période de pré-campagne, on peut néanmoins s’interroger sur cette façon de faire.
Rapprochera-t-on vraiment l’Europe des citoyens en continuant à la construire sans eux ?... Permettez moi d’en douter sérieusement.